Sep 162015
 

Ecrit par l’auteur français Hafid Aggoune. Publié aux éditions Plon le 27 août 2015

Hafid Aggoune

Résumé

« Anne Frank peut-elle réconcilier un homme désespéré avec son époque ?
Après un attentat commis par l’un de ses élèves, qui réveille les plus sombres heures de la vieille Europe, un professeur est au bord de l’effondrement.
Rongé par la culpabilité, décidé à en finir, il redécouvre un soir le Journal d’Anne Frank ; bouleversé par son actualité et sa vivacité, il se met à écrire à sa « petite soeur juive » disparue à quinze ans à Bergen-Belsen.
Entre ses lignes, la jeune fille vive et courageuse renaît, avec son désir d’écrire, sa volonté de devenir une femme indépendante et forte, et sa vision d’un monde meilleur.
A travers cette invocation qui renouvelle notre regard sur ce symbole universel d’espoir qu’incarne Anne Frank, ce roman poignant interroge notre présent, invite à la réflexion et ravive le courage de résister. »

Mon avis

Une ode à la vie. A l’amour.

Un immense hommage à Anne Frank, à son courage et à son écriture. Un hommage a son carnet, qui redonne l’espoir à beaucoup d’entre nous en cette période confuse et difficile.

Ce roman est une lettre du protagoniste à cette jeune fille, battante et pleine de vie, trop tôt disparue. Le protagoniste est un professeur de lettres, suicidaire au moral brisé. C’est un homme qui n’est pas nommé, qui pourrait être chacun d’entre nous. La cause de son abattement est son impuissance face à la descente aux enfers d’un jeune adolescent, l’un de ses anciens élèves. Lorsque B.Jahrel montre les premiers signes de rébellion et de manque de respect à ses camarades de classe et à son professeur, c’est l’exclusion. Le professeur ressent alors beaucoup de mépris pour cet insouciant qui ose brûler des pages du « Journal d’Anne Frank » en plein cour. Peu de temps après son renvoi, B.Jahrel est l’auteur d’un attentat lors d’un marathon, qui blessera gravement le père du narrateur.

Le professeur ressent soudain une immense culpabilité. Il repense à ses origines juives, à son enfance difficile étant le fils d’un immigré. Il repense à sa différence dans la société et ainsi le poids des morts et des blessés de cet attentat lui revient en pleine face. C’est sa faute. C’est à cause de lui si B.Jahrel a choisit le mauvais camps. De son plein gré il a baissé les bras face à ce jeune adolescent. N’étais-ce pourtant pas son rôle de l’aider ? N’est-ce pas le rôle à jouer d’un professeur de l’éducation nationale que de montrer le droit chemin à ses élèves ? D’autant plus que « Le journal d’Anne Frank » aurait pu faire prendre conscience à ce jeune homme de l’importance de la vie et du respect d’autrui.

Désemparé, seul le suicide lui parait envisageable.

Il revient sur les mots d’Anne Frank, lui répond comme à sa propre sœur. Il évoque beaucoup son père et l’incompréhension qui règne entre eux, beaucoup de non-dits qui le tourmentent en ces dernières heures. Il puise dans le journal de la jeune fille, le courage qui lui manque et admire son moral d’acier alors qu’elle était vouée aux ténèbres. Il nous parle de l’Ecriture, cette passion commune à eux-deux et le rôle des livres dans la construction de leur propre identité. Au fur et a mesure du roman, la nuit avance et il ne saute toujours pas. Il pense à sa femme, son frère et à tous les autres B.Jahrel qu’il pourrait peut-être aider.

On ressent énormément de solitude chez ce personnage mélancolique. L’auteur à une plume extrêmement douce et poétique, qui m’a personnellement touché et bouleversé. Anne.F est un modèle de résistance qui nous ferait pâlir de honte face à nos problèmes quotidiens. Son témoignage, comme le souligne le narrateur est encore d’actualité en 2015 et y faire référence, c’est viser juste en ce me concerne. D’autant que Hafid Aggoune offre a Anne Frank une vie posthume, il imagine ce qu’aurait été sa vie si elle avait grandit. Quel rapport entretiendrait-elle avec la société, avec la littérature ? C’est très émouvant.

Un grand coup de cœur pour ce roman que je recommande à tous ceux qui ont besoin d’un peu de courage dans leur existence.

« On le sait très tôt, quand on est seul à l’intérieur, c’est à dire seul tout le temps et avec presque tout le monde. »

5_coeurs

  3 Responses to “Anne.F – Hafid Aggoune”

  1. Voilà un roman que je ne tarderai pas à découvrir, merci pour la chronique. CAEH

  2. Je crois bien que c’est la seule chronique qui me donne envie de lire ce roman ! Jusqu’ici, j’avais un a priori assez négatif dessus mais grâce à toi j’ai même hâte de me le procurer ! Merci pour cette chronique !

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